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Génération perdue ? Les jeunes ne s'intéressent plus à la politique? Vraiment ?

Dernière mise à jour : 19 avr.

“Les jeunes ne s’intéressent plus à la politique.”


Cette affirmation, souvent reprise par les générations précédentes, semble s’imposer comme une évidence. À en croire certains discours, la jeunesse d’aujourd’hui serait désengagée, indifférente, voire déconnectée des enjeux collectifs. Pourtant, cette lecture repose sur une confusion majeure : elle interprète une transformation profonde de l’engagement comme un simple déclin.


Les jeunes ne s'intéressent plus à la politique? En réalité, l’engagement des jeunes n’a pas disparu — il a changé de forme.

Les modes traditionnels de participation politique, tels que le militantisme partisan ou les structures hiérarchisées, attirent moins qu’auparavant. Cela ne signifie pas un rejet de la chose publique, loin de là, mais plutôt une prise de distance vis-à-vis de cadres jugés parfois trop rigides ou déconnectés. La jeunesse évolue dans un environnement marqué par la rapidité des échanges, l’accès permanent à l’information et une culture du débat plus horizontale. Il est donc logique que ses formes d’engagement s’adaptent à ces nouvelles réalités.



Nombre de membres des organisations de jeunesse politique en Belgique, avec chiffres pour Jeunes MR, écolo j, Comac, Défi Jeunes.

Aujourd’hui les jeunes ont l’impression d’être mis de côté sur le plan décisionnel. Les partis sont souvent très verticaux et la jeunesse est rarement intégrée aux décisions. Ceci, étant dit, la position des Jeunes MR en tant que plus grande jeunesse politique belge prouve tout de même que les jeunes souhaitent s’investir dans un parti politique.


Ainsi, beaucoup d'entre eux s’investissent aujourd’hui dans des causes concrètes : mobilisations citoyennes, initiatives locales, engagement associatif, actions en faveur du climat ou de la justice sociale. Ils utilisent également les outils numériques pour s’informer, débattre et sensibiliser. L’espace politique ne se limite plus aux institutions traditionnelles ; il s’est élargi, diversifié.


Par ailleurs, ce qui est parfois perçu comme du désengagement traduit en réalité une exigence accrue. Les jeunes ne se satisfont plus de discours généraux ou de promesses abstraites, ils attendent de la cohérence, de la transparence et une réelle représentativité. Ils souhaitent être considérés comme des acteurs à part entière, et non comme de simples relais électoraux.


Cette évolution peut déstabiliser car elle remet en question des habitudes bien établies. Mais elle constitue aussi une opportunité. Une démocratie vivante ne peut se contenter de reproduire indéfiniment les mêmes formes d’engagement, elle doit être capable d’intégrer de nouvelles pratiques, de nouveaux regards.


Qualifier la jeunesse de “génération perdue” revient à ignorer les mutations profondes qui traversent notre société. Loin d’être absents, les jeunes sont présents autrement : plus exigeants, plus directs, parfois moins institutionnels, mais résolument engagés.


Malgré le ton piquant de ce texte, son but n’est en aucun cas de faire un réquisitoire face aux anciens, mais bien de réaliser le plaidoyer d’une génération mise de côté dans les décisions politiques et qui est sous représentée à tous les niveaux.


Nous avons la chance aux Jeunes MR d’avoir certains de nos membres à des niveaux de pouvoir, conseillers communaux, échevins, députés voire ministres ! Il faut donc continuer d’intégrer les jeunes au monde politique, car ce sont eux qui demain seront aux commandes. Notre génération n’est pas perdue ou désengagée, elle est simplement le fruit de la transformation de l’engagement politique d’une manière bien plus large.



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